Archive pour avril 2008

Le marathon de Boston 2008 : 42 kms d’anthologie

Mercredi 30 avril 2008

C’est donc parti !

La difficulté majeure de cette course est le calcul de l’allure moyenne. Passé « chez » Nike Town, j’ai fait établir mon pace moyen par mile sur une base à 2h59.

Le mile le plus rapide est donné en 6 36 ; et c’est le premier !

Le plus lent est donné en 7 15.

45 secondes d’amplitude, c’est énorme ! C’est quasiment un battement de 30 secondes au kilo.

Il y a aussi un mile donné en 6 37 et un autre en 7 14 ; bien sûr ils ne se suivent pas mais au contraire alternent si bien qu’il est impossible de se fixer un pace moyen.

On pourrait penser que le parcours et son inclinaison le fixe de lui même mais c’est faux, notamment quand on court en peloton et que l’on suit la vitesse du peloton.

Le premier est en descente, oui oui oui, il y a aussi un bon coup de cul, le premier qui me fait dire et réaliser que la course va être trés éprouvante.

J’ai chaud et je ressens déja les effets de la chaleur sur ma nuque. Je transpire à grosses gouttes dès le premier.

Plus tard je sentirai les gouttes tomber sur mon mollet depuis mon short totalement détrempé.

Je n’ai pas de casquette, rien sur le crane…

A coté de moi beaucoup courent torse nu le dossard épinglé sur le short. les filles sont en tenue de tri avec juste un tout petit bustier et un short ultra court.

Je tiens à peu près mon rythme sur le premier 5 k, mais j’ai des points de coté. Ils ne me lâcheront pas pendant tout le premier semi. Au max j’en ai eu trois, les deux épaules et un coté touché. Hônnetement la douleur n’est pas « forte » mais elle est là, elle est chiante plus que génante, mais elle est annonciatrice d’une petite forme.

Je passerai le 10 puis le semi dans des temps honorables que vous connaissez mais avec la certitude depuis les premiers kilos que je serai pas under3 et que surtout je ne me battrais pas pour Under3 mais pour essayer de faire une belle course.

Oublions donc les temps.

La particularité de cette course, c’est l’ambiance.

Pour comparer, c’est comme si la marathon de Paris se déroulait avec un départ à St Germain en laye et qu’il passe par toutes les communes Louveciennes, Rueil, etc pour mener à Paris.

Chaque commune veut accueillir les coureurs mieux que les autres. Les county veulent être les meilleurs.

Nous courrons donc sur une nationale, dans la campagne urbaine. Il y a des maisons partout. Donc la course et les coureurs au centre, puis des trottoirs pleins à craquer, des jardins et des maisons couvertes de baches taggées d’encouragements. Les supporters ne sont pas comme à NYC sur les trottoirs, ils sont sur leurs trottoirs : ils sont chez eux.

Il est 10h00, l’heure de la première bière !

Au fil du parcours, les Weber s’enfumeront et les BBQ entre amis supporters se multiplieront. J’ai couru face à des gens en pleine party dominical (enfin lundicale).

Fumée de ribs, sausages diverses, gateaux, fruits …tablent dressés pour les coureurs, rouleaux de Kleenex, et des miliers de mains tendues pour un give me five.

Ils ne sont pas venus voir la course, c’est la course qui vient les voir !

C’est étroit, c’est dingue, c’est assourdissant, étourdissant ! je n’ai jamais vu une ambiance telle que celle ci.

Je passe le semi en 1 32 mais je suis au bout de mes possibilités. Le coup de chaud me tombe dessus, je ralentis les cuisses bloquées. Pas de crampes mais un blocage.

Je serai à Paris je prendrais le métro. Failure is not an option in Boston.

Je rentre à l’hotel à pied !

J’adopte assez vite une stratégie de sauvetage. je cours un mile entre chaque ravito. A chaque ravito je m’arrête, je bois du Gatorade, puis je me rince la bouche avec de l’eau et je repars.

Je fais face aux cotes dans le 2° semi : waou. A ma vitesse je ne les sens pas plus que cela.

La dernière la plus dure s’appelle heartbreak hill en français littéralement ça veut dire la côte de l’arrêt cardiaque. Je préfère la traduire par côte des gardes. Elle monte sec et l’ambiance vire, on se croirait en haut de l’Alpe. La foule est en délire, je marche, je suis celui qu’il faut aider et je serai aidé !

J’aime ce peuple !

Les américains sont formidables, des supporters exceptionnels, de grands enfants, de grands sportifs !!

Je devais voir Flo entre le 17 et le 18 ; vue la densité de la foule nous ne nous verrons pas ; je sais qu’elle reçoit mes temps, no worries.

Le temps se suspend. Je m’extrait mentalement de la course. Je veux finir. Je veux aller au bout. Je ne réfléchis plus, je passe les miles les uns après les autres séparés par des ravitos qui rythment ma progression.

Au 40 ° nous passons le stade des Red Socks : à nouveau un grand délire !

J’ai froid, trés froid, je ferai les deux derniers kilos en grelottant. Je ne transpire plus depuis longtemps. Je comprends ce qui a causé mon blocage.

Je passe la ligne gelé, j’ai hâte de mettre mes affaires chaudes.

Je rentre à l’hotel en ayant raté une dernière fois Flo.

Tout le monde me prend, comme les autres, pour un héros.

La haie d’honneur m’attend à l’hotel.

Je rentre, je me précipite sous la couette pour tenter de me réchauffer. Je suis toujours glacé.

3h32; j’ai la médaille autour du cou, j’ai complété les trois circuits américains des majors. J’ai fini !!!

Un marathon, c’est grand !

No more comment sur la course … pour aujourd’hui.

Marathon de Boston : c’est parti !

Mercredi 30 avril 2008

Le bus démarre.

Le chauffeur est concentré : il doit rester dans le « pace » : coller au maximum au bus qui le précède.

Assez vite nous nous engageons sur l’autoroute et mon voisin engage la conversation. Un canadien des montagnes proches de Vancouver, il a un accent impénétrable. Je préférais la canadienne avec laquelle je parlais dans la queue.

Notre chauffeur se met à hurler : « Anybody from Boston? » quelques mains de lèvent et s’agitent pendant que leurs propriétaires hurlent. YEEEEEEEEEEEE ! Et le chauffeur de relancer « come on Boston » « come on red sox » !!!

 Anybody from Texas ? 1 texan ! come on Texas, Go Lance !

Anybody from Florida (le chauffeur a une baraque à Orlando…) ?

Après avoir épuisé les destinations que notre driver connaissait il a opté pour une approche méthodique : chacun dit d’où il vient et qui il est et le bus reprend en coeur « Come on Paris, come on Chaff ! »

On est dedans !

Je m’imagine à Paris avec un driver de la RATP  »ehh ziva Fach ! »

Nous progressons lentement. Je peux constater de visu ce que j’ai vu hier à la vidéo : les environs sont vallonnés. Le printemps n’est pas encore arrivé, les forêts sont grises. De belles maisons se dressent au milieu des arbres, au bords de nombreux petits lacs. Banlieue cossue.

C’est l’heure du petit dej. Je suis à plus ou moins 90 mns du départ : 2 gateaux au menu avec un fond de complément alimentaire liquide : à gerber mais efficace. C’est ma recette depuis longtemps.

Nous nous arrêtons sur l’autoroute après plus de 45 mns de trajet. Ceux qui ont couru NYC connaissent le principe de cette dépose en bus. A NYC elle est relativement courte. Ici on roule vraiment. Chaque minute sur l’autoroute fait prendre conscience de la distance couverte, à couvrir. Nous aurons certainement fait plus de 42 kms en bus mais je pense que chacun y est allé de son commentaire … c’est long, c’est loin !

Nous voila donc bloqués sur l’autoroute. Notre chauffeur a pourtant tenté et réussi quelques dépassements hasardeux. Nous avons remonté toute une file de bus bloquée pour accéder à la sortie mais maintenant nous sommes bloqués pour de bon. Si notre bus est un bus scolaire, si notre chauffeur est chauffeur de bus scolaire ce doit être de la Champ Car School.

Mon voisin se lève  et veut pisser. Je doute qu’il puisse le faire.

Il discute avec le chauffeur qui lui ouvre les portes. Il sort. Escalade le fossé et disparait. Gros pipi … le bus redemarre, je ne reverrai jamais mon voisin.

D’autres descendent plus loin certains remonteront mais pas tous. Nous hériterons de quelques coureurs nouveaux dans ce grand brassage.

Nous aurons passé une heure et demie dans le bus.

J’arrive vers 9h30 au camp de base. Il  y a peu d’indications et un faux rythme : certains sont à 1 heure du départ moi … à 30 mns.

Je tente de trouver des indications pour les consignes. Pas simple, pas évident. Il y a peu d’ambiance vs NYC et je n’ai pas le temps de trainer. Je m’oriente, je repère des petits numéros et je les suis : certains connaissent.

Je trouve ma consigne, un autre bus scolaire.

Je me prépare. De haut en bas. L’écarteur de pif pour une ventilation optimale qui sera toute relative puisque j’ai le nez trés bouché. Vaseline sous les bras, sur les bras et sur le torse, sur les tétons, idem sur les jambes et tout ce qui peut frotter, tenue de course, rangement des affaires chaudes dans l’ordre dans lesquelles je voudrais les enfiler après la course (il n’y a rien de plus chiant que de devoir retourner son sac après une course pour retrouver ses fringues).

Je pisse dans un bosquet. Trés peu civil, trés peu américain mais je ne suis pas seul. Un flic sort de nulle part et s’attaque à mon voisin « I could lock you up for indecent exposure », indecent exposure … trop tard !

Le départ approche. Le ciel qui était gris se déchire et devient bleu en 5 minutes ; instantément le soleil tape. En fait s’il faisait gris c’était à cause d’une forme de brume d’où sa disparition quasi instantannée.

Je trouve mon corral : le départ est en descente comme prévu. Nous sommes parqués. C’est étroit. On dirait le départ d’un 10k. Avant de rentrer dans le corral je m’échauffe. Je cours 200 mètres ; je n’ai pas le temps de faire plus. J’avais apprécié l’échauffement à Chicago ; là … rien.

L’hymne américain est magnifiquement chanté. La sono est excellente et forte. Tous sont à l’arrêt la main sur le coeur. Je m’arrête aussi. Il y a de l’émotion quand un bruit infernal survient. Deux Tom Cat en formation serré passent trés trés trés bas, virent serré au dessus de la ligne et montent en flèche. La combinaison émotion due à l’imminence de départ, l’émotion due à l’hymne si magistralement chanté et la magie des avions combinaison visuelle et sonore déclenche des tonnerres d’applaudissements, des cris, d’encouragements, de poignées de mains de tapes dans le dos : c’est la communion !

De mon coté j’ai des frissons et ce sont de vrais frissons d’émotions, j’en aurais d’autres plus tard.

Je rentre dans le corral.

Le départ est trés vite donné.

Bien que dans les premiers je vais mettre plus d’une minute à passer la ligne ; j’apperçois les premiers mètres du parcours. C’est une vraie descente, elle me fait gamberger. je ne l’avais pas imaginé aussi vive sur la vidéo … je transpose pour les côtes car je sais…que « toute côte appelle une descente « c’est un leitmotiv que je me répétais souvent à vélo. Je sais aussi que l’inverse est vrai.

C’est parti 42 kms to go !

Marathon de Boston

Mardi 29 avril 2008

J’ai couru Boston !

J’ai marché Boston aussi …

Je suis parti sans la NIAC pour faire un temps exceptionnel, je suis parti humble quant à mon état physique et quant au parcours que j’avais repéré sur une vidéo intégrale la veille du départ. Les commentaires du présentateur citaient toutes les « hills » du parcours : la caractéristique majeure du parcours.

27 000 partants. C’est beaucoup moins que les trois autres marathons que j’ai couru aux USA ou en France.

Pour participer il faut s’être qualifié : dans ma catégorie d’âge … pouvoir justifier d’une course sous les 3h20.

Deux départs, l’un à 10h00 et l’autre à 10h30. Les plus rapides devant bien sûr. J’ai compris pourquoi en regardant la vidéo : nous allons courir sur une route assez étroite ; le format d’une nationale en France qui serpente dans la banlieue de Boston. Serpenter c’est le bon mot : cette course comporte deux virages ! L’un au mile 26 et l’autre après le semi. Suivre la ligne bleue … qui n’est pas tracée … aura un intérêt limité.

Nous avons rendez vous à 6h30 pour prendre le bus dans le centre de Boston. 6h30 pour 10h00 ??? Je fais mon français et décide d’y être vers 7h30 pour prendre les bus en fin de fourchette horaire ; les 10h00 étaient pourtant « strongly recommended » de prendre le bus vers 6h30 …

Le matin de la course le temps est gris, voilé plutôt. Il fait frais, il fait bon. Dès le lobby de l’hotel, je rencontre des athlètes le sac Adidas rouge en bandoulière, l’air plus ou moins jovial, plus ou moins concentré. Nous échangeons des regards, des sourires, des encouragements muets.

A la sortie de l’hotel, une haie d’honneur m’attend : les 5 ou 6 doormen applaudissent et lancent les premiers « you can do it » de la journée. Bien sûr que je peux le faire, je vais le faire pour la 13° fois aujourd’hui, la question est plutôt à quelle vitesse.

13 … porte bonheur, porte malheur ? Je ne suis pas superstitieux.

Je remonte Charles Street, dépasse deux Starbucks emplis de porteurs de sacs rouges et me dirige vers Boston Common, le parc du centre ville. Je cherche les school bus jaunes qui vont nous emmener vers la ligne de départ.

Il y une foule immense qui converge vers les points de pick up. Je vois les bus. Le sens de la queue n’est pas trés organisé ; curieusement pour les USA.

Je passe une demie heure sur place, sans avancer de plus de 50 mètres. Derrière la queue s’allonge.

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A ce moment de l’attente, je ne vois que les bus tout au loin et je calcule … que je vais rater le départ. Au moins celui de 10h00 ! En regardant autout de moi je vois quand même pas mal de petits numéros qui sont dans on cas et qui ne sont pas inquiets. Le départ de la course est dans deux heures et demie. Nous avons à peine 42 kms à faire en bus … no worries !

Je discute avec un couple de tri qui sont derrière moi. Il est 1000 numéros devant moi et elle 3000 derrière. Elle me passera sur la ligne ; nous serons presque sur la même photo finish. Elle enfile les donuts les uns après les autres.

Dans la file ça chambre … first time in Boston ? ready for the hills ? YES !

Nous sommes tout à coup doublé par un flot de coureurs qui remontent la file. Mes tri suivent … j’attends un peu et je leur emboite le pas à distance. Nous tentons une manoeuvre de contournement pour nous approcher des bus au plus vite. Plus que l’attente c’est la position debout, à piétiner qui me fatigue.

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La manoeuvre est payante, nous nous approchons des bus sans nous faire injurier et prenons notre place.

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Nous voyons enfin la file avancer réellement. L’organisation est bonne. Uen colonne d’une vingtaine de bus arrive. Chaque bus peut contenir plus de 50 coureurs qui sont soigneusement comptés à l’embarquement. Des qu’un bus est plein, un volontaire lève son drapeau orange pendant qu’un autre équipé d’un Walkie Talkie donne son numéro de bus est dit qu’il est prêt à bouger. Dès que tous les drapeaux sont levés les bus démarrent en convoi. Impressionnant. C’est comme à NYC mais là bas cette organisation n’est que sur la largeur de la public library … Ici, cette opération se déroule sur quasiment 500 mètres. Je m’aperçois que j’aurais pu accéder beaucoup plus rapidemment au bus si je n’avais pas été aussi mouton en allant m’agglutiner au pire endroit de la queue. Je le saurais. je reviendrais !

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Dernière vérif de port de dossard avant de rentrer dans la file définitive … Les bénévoles sont jeunes, c’est une des grosses différences avec NYC ou Chicago. Ce type sur la photo remplacerait avantageusement Cauet : drôle, sympa, un mot pour chacun dans son porte voix.

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Tous les drapeaux sont au orange ; le prochain sera le mien !

C’est parti !

Notre hotesse veut absolument taper dans les mains de chacun ! Elle a un mot pour chacun et un sourire pour tous. J’aime ce peuple ! Je me répèterai au cours de ce récit. Mais il est temps de rendre un premier hommage. Jour férié, froid, debout à 5h00 du mat, ils sont tous au top, tous à bloc derrière les coureurs, je suis admiratif !

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On embarque !

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Give me five !

On monte, on se serre …

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Drapeau levé !

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Go ! Go ! Go !

Echec à Boston

Jeudi 24 avril 2008

Un dej décalé de 30 mns … le temps de poster !

Ce sera bref car je vais m’attacher aux raisons de l’échec ; si tant est que je puisse les déterminer.

Simple …

1- Le 22 mars je pèse 77.8 kgs. Le 25 mars je pèse 73.8kgs.

2- Washington, 50 heures aux USA 12 jours avant la course.

3- Coup sur le carafon et crève

Je développe : un mauvais dernier mois (1) et (2), et un jour sans je jour de la course (3)

1- 3 jours de gastro, 3 jours de fractionnés courts et longs … sur mes chiottes. Je savais que cela m’avait diminué, fatigué. La leçon est probablement que j’aurais dû adapter mon alimentation pour me reconstruire, refaire de la proteine … Lundi j’étais vide sur un parcours exigeant. Tout en ayant réussi les tests 20 x 500, 20 x 400, 10 x 800 je sentais que j’étais dans les temps mais plus « à l’énergie », au mental, qu’au physique. Je n’oublierai pas cette sensation et je saurais la corriger demain. La NIAC mais pas le moteur.

2- Jal avait tenté Tokyo en 50 heures 15 jours avant Chicago 06. Alors qu’il était trés prêt il a planté son Chicago, incapable de suivre Coco, pas plus capable de me suivre alors que je suis blessé et que je n ‘ai que 5 semaines d’entraînement dans les pattes. Les transat avant un marathon … c’est fini ! Je me rappelle d’ailleurs que mon 3 05 à Chicago en 06 est effectué alors que je suis aux USA depuis une dizaine de jours …

3- J’ai un rhume au départ de Paris, qui s’aggrave doucement. Un foyer infectieux qui se développe doucement (et qui continue le bougre !) pour être assez important le jour de la course. Bilan, mon corps ne « tourne » pas, je bloque au 2° semi et ma situation s’aggrave au fil des kilo. Au 40° je grelotte, je passe la ligne gelée après avoir transpiré des litres au premier semi. Je resterai d’ailleurs gelé toute l’après midi. Paradoxalement je n’ai pas eu de crampes, pas de blocage dur mais un « grippage » complet au niveau des cuisses.

Voila voila … en plus le parcours, ça monte et ça descend, il faisait chaud et le soleil tapait fort … mais ça, on l’a tous eu !

Je vais dans le prochain post revenir sur le positif qui l’emporte largement : Boston c’est la folie, le must sur bien des points !

Pour conclure sur l’échec … passer under3 à Boston, c’est du lourd, mais ça reste à l’ordre du jour, enfin à l’ordre de la décennie !

 

 

Un coup sur le carafon

Mercredi 23 avril 2008

Journée de dingue !!!

Posé ce matin de bonne heure, RDV, dej clients, RDV et dîner client … bon ben c’est reparti!

Bref pas le temps de poster si ce n’est ces qlq lignes : pourtant j’ai le clavier qui me démange.

Pour patienter cette merveilleuse photo :

 

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Cette chose rouge, velue, tachetée c’est mon épaule 24 heures après la course. Sur la partie gauche, on note la partie blanche communément appelée marque du maillot!

Je ne vous montre pas ma nuque … parce que j’ai pas réussi à la photographier et qu’elle est toujours tellement rouge qu’elle sur expose mes prises de vues!

veni vidi merdi

Mardi 22 avril 2008

Me voila a New York…
Un post ultra court pour dire que je ne suis pas blesse.
J’ai casse, et subi une forte desydratation sur la base d’une creve.
Je reviendrais (longuement car j’ai enormement de choses a dire) sur le marathon en lui meme , et la ville.
En attaquant la course je sens que je ne suis pas dedans.
Je donne le max.
Je finis du 40 au 42 en grelotant, je finis avec un coup de soleil (j’ai la marque du maillot et la tronche aussi bronzee qu’ apres l’ete dernier en bretagne), je finis totalement deshydrate ( en ayant bu tous les miles) ce qui combine a mon etat grippal me bloque les jambes mais pas sous forme de crampes ; droles de sensations.
Cette nuit reveil toutes les heures baignant dans la sueur … heureusement que je n’ai pas pris l’avion dans la foulee.
Et pourtant … j’ ai adore !!!
Le circuit des majors americain est complet ; Berlin et Londres … a nous trois !
PS : vous avez pas du branler grand chose en ce mercredi apres midi … merci pour tous vos temoignages et encouragements!

Vol 332 pour Boston

Jeudi 17 avril 2008

Départ demain 13h40. Bon disons 14h00, c’est sur Air France … siège 2 K, vue sur Colombs au décollage, mon dernier contact avec l’île Marrante et ces bords de Seine, ces rats que j’appelle maintenant par leur nom et qui me font la fête quand je passe, ces péniches que je connais toutes et ces bateliers qui m’encouragent, ces ponts dont je connais l’espacement au mètre près.

Point sur les bobos : ça progresse … j’ai toujours mal sous le pied gauche mais la douleur se résorbe en superficie et en intensité. Les chaussures de boulot n’arrangent rien mais 3 jours en Asics devraient aider sensiblement.

Coté mollet, le gauche est devenu insensible au toucher et à l’exercice. Le droit tire toujours avec un point douloureux : je masse, je crème …

Demain 10h00 je serai chez Greg pour un dernier massage.

Coté météo, un temps nuageux est annoncé, températude variable de 8 à 15 ° , probablement plus proche de 15 que de 8 compte tenu de l’horaire tardif de départ. RAS apparemment au niveau du vent et des précipitations. A confirmer. Bref, il fear chaud, plus chaud qu’à l’entraînement mais j’en ai tellement marre du froid.

Ce matin petit dej avec Jal ; Londres 2009 nous apparaît un objectif incontournable. Ceci me fera compléter la série du « World Marathon Major » : New York (5 fois), Chicago (2 fois), Boston, Berlin et Londres (et les trois derniers qui restent à faire dans les douze mois qui viennent …)

Je lisais sur le site de Boston qu’en toute modestie on ne pouvait pas parler d’une carrière de marathonien sans avoir couru Boston. C’est le président de la Boston Athletic Association (ceci expliquant cela) qui dit cela à propos de Lance Armstrong et de l’évidence de sa participation … C’est vrai que je vais courir la 118° édition de ce marathon, quelle histoire, quel passé !

Je serai mercredi matin à Paris, Flo y sera dès mardi .. je vais donc me taper le Steackhouse en solo à moins d’un late lunch juste après le passage de la ligne ; pourquoi pas ?

PS : Sève, il y a peu de chose que j’ai envie de faire under3 avec Flo…Coté course, elle est plutôt  under3, minutes, no limit en terme de distance. Sea & Sex and Sun & Run & Rhum : enjoy les Auclert !

Marathon de Boston 2008

Mardi 15 avril 2008

Nous sommes à moins d’une semaine de la course … c’est court.

J’ai été rattrapé par le stress, l’intensité du TAF à l’agence et les soucis … ceci ne faisant pas bon ménage avec la course et l’entraînement.

Il est frappant de noter la corrélation entre capacité à encaisser l’intensité de l’entraînement et capacité à être zen et reposé. L’un ne va pas sans l’autre.

Je rencontrais il y a quelques jours un coureur ayant fait 2h54 au marathon, à Hawaï dans le cadre du tri … j’en ai déja parlé. Son régime de l’époque était 5 heures d’entraînement jour, tous les jours, et rien d’autre, absolument rien, pas de TAF, pas même une nana … Socialement il a explosé mais sportivement aussi, positivement.

J’aime autant avoir un job prenant et ma femme.

Bref depuis 3 semaines c’est dur et j’en ressens les effets : mal au pied gauche, mal aux mollet droit : va trouver un équilibre …

J’arrête donc la course jusqu’à la course car aujourd’hui je me fais plus de mal que de bien. Max a prouvé qu’on pouvait faire une belle course, même s’il valait beaucoup mieux que son temps,  avec une douleur peu de temps avant la course … ça m’aide à positiver.

Je ne ferai pas la course avec mes Asics DS, un conseil de Coco que j’avais déja validé : la topographie de la course est rude : des côtes des descentes, jamais de plats : 4 cotes nettes et franches entre le 16° mile et le 21 avant d’arriver à un finish en descente qui fit hurler de douleur Paula Radcliffe tant ses jambes avaient souffert avant.

Lance Armstrong sera là pour faire 2h40 … pas mal. D’après Jal, il annonce déja un under 2h30 à New York à l’automne : gardons en tête que Monsieur Guivarc’h a tapé Lance sur son premier semi à NYC l’année dernière.

Ma strat de course comme me le demande Coco … toujours la même : partir vite, accélérer et finir à fond !

Plus sérieusement : compte tenu de mes douleurs je peux ne pas finir mais je ne vais pas gérer pour autant ; je vais partir vite quitte à finir en touriste ou ne pas finir.

Grosso modo le parcours est favorable dans les 6 premiers miles : il conviendra donc de faire un premier 10 K rapide ; ceci est totalement opposé à l’esprit d’un marathon …

Du 6° au 16 ° miles : gestion et récupération en préparation des difficultés du 16 au 21.

21° au 24 ° : une descente … si j’ai tenu jusque là ce sera le moment de relancer, tout ceci étant trés théorique car relancer au 24° … c’est pas simple!

Les deux derniers miles sont plats, enfin plats comme à Boston c’est à dire bosselé.

Ce raid solitaire outre atlantique s’est transformé en un raid de couple et ça c’est une vraie bonne nouvelle même si je ne verrais pas Flo sur le parcours qui n’est qu’un grande ligne à peu près droite de 42 kms … une longue ligne droite une autre difficulté si je la compare à l’interminable First avenue du marathon de New York.

 

 

Flora London Marathon 2008 Results

Dimanche 13 avril 2008

Je n’ai pas eu les résultats de Hugues … mais Diagana a fait 2 56 …

Passage au semi en un peu plus de 1 27 et un positive split fatal !

C’est bien, bien sûr, c’est under3 mais trés décevant dans l’absolu de cet athlète, du parcours de Londres. Je n’ai aucune idée de la météo qui explique peut être cette contre perf ; ils n’ont cela dit pas dû souffrir de la chaleur !

Cela fait réfléchir sur l’entrainement et surtout les résultats de l’entrainement de Max et de Coco.

De mon coté week end difficile avec deux couchés à deux heures du mat vendredi et samedi donc pas de sortie aujourd’hui ; de rattrapage avec les enfants : je n’aurais pas fait la dernière longue !

Hier une sortie à 11 km/h sur 12 kms histoire de se promener : le coeur est haut et la fatigue intense. Je suis canné !

Objectif de la semaine : retrouver de la fraicheur, rattraper le sommeil en  retard : beaucoup de pression à l’agence en ce moment et Washington encore dans les chaussettes. 5 nuits à prendre avant le départ.

Coco réclame un post sur Boston : ce sera demain ou après demain car demain sera trés chaud !

C’est dur la course a pied !

Samedi 12 avril 2008

Hier j’ai couru avec Jal. Notre dernier run, nous l’avions fait au même moment mais pas ensemble. Une course à l’hippo, lui devant moi derrière. Lui sur la lancée d’un semi à plus de 15km/h moi sur tout sauf une lancée. Au début, je voyais son dos, après rien, au plus une silhouette.

Nous avons fait trois d’hippo.

Nous avions convenu de courir à 10 km/h.

Il est raide et je suis souple (toute proportion gardée), il est dans le dur et je suis facile. Un constat dénué d’arrogance. En janvier Jal tournait autour de l’hippo, il tournait avec Yves ne passant pas les 90% de FCM mais bouclant les tours en 13 30 … un temps que je n’ai jamais tapé ; et loin s’en faut ! Il y a trois mois, j’étais hors de forme, et lourd.

C’est ce que j’aime dans ce sport : trois mois d’activité ou de non activité change tout, du tout au tout.

Trois mois plus tard … nous n’avons pas tourné à 10 mais à presque 12.

La foulée de Jal n’est plus la même : plus courte plus bruyante. Il est à la peine à 12 comme je l’avais été avec Yves entre Noêl et le jour de l’an. Yves était facile et j’étais à l’agonie.

Deuxième tour … jal annonce un 13 km/h. Nous engageons un premier kilo à un peu moins de 14. Le deuxième kilo nous voit passer sous les 8 30 : nous avons donc couru le 2° kilo à plus de 14. Le 3° kilo dans la côte … à plus de 15 km/h. Une vieille mustang nous double dans un bruit d’enfer et je dis à jal que j’ai été frappé par le bruit des caisses américaines, du mode de conduite top down … il me dit « oui » et me glisse qu’il ne peut pas parler …

Il transpire, il souffle comme un bœuf, il se fait mal. Je sens que ça tire : les tendons et le cœur.

Nous enchaînons un troisième tour … assez vite nous sommes de retour à 12. Il jette l’éponge, retour à 10.

La course a pied rend humble, en général. On est peu de chose, comme le dit l’expression. On peut courir un semi à 15 et 4 mois plus tard se traîner…

Je l’ai vécu, je compatis mais je sais que Jal a pris la décision de revenir, de surpasser la douleur, de surpasser l’échec thérapeutique de ces dernières semaines, de ré-investir du temps en kiné … Je ne vais pas rester longtemps devant.

Cette course nous aura fait plaisir à tous les deux.

De mon coté une douleur rémanente derrière le genou droit, je le sens en permanence mais je ne sens pas de gène supplémentaire en courant.

15 bornes qui sont passées vite : il n’y a pas de doute, s’entrainer seul fait paraître temps et distance beaucoup plus long, mais j’aime bien les deux.

 

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