Archive pour juin 2007

Ironman

Vendredi 29 juin 2007

Je flânais sur le site du tri de Nice … qui s’est déroulé en même temps que celui de Zurich.

Notre ami Laurent Jalabert aurait fait 10 ° avec son temps. Je ne sais pas si on peut comparer les parcours.

J’imagine qu’il peut y avoir un effet courant plus vif en mer qu’en lac, quoi que la Mer Med … c’est un peu une piscine.

La montagne n’est jamais loin de ces deux villes donc j’imagine que dans les deux cas les organisateurs peuvent dessiner des parcours plus ou moins durs.

Ce soir, encore un petit run pour moi, run de reprise, run d’amaigrissement, de retour aux sensations.

Je ferai un sortie longue pour moi demain après midi car je suis off pour dimanche matin … oups j’avais oublié un baptême.

Quel dilemme ce choix entre ces deux dieux : Jésus, le Messie de Nazareth et Je sue, le mais si de Saint Malo. J’aurais préféré voir l’un mais je verrais l’autre, enfin pas de trop près j’espère. Partie remise.

Le Baala … belle perf. Les 400 sous la minute, 3 31 … presque ma meilleure perf au 1000 … Je fais mon mille à fond et l’animal me prend un tour, et me remet 100 mètres : la honte !

Jako, le 103 SP c’était de la merde. Tu te souviens de mon 104 rouge : je te tôlais dans la descente d’Arradon après avoir chargé chez Kerguen de Campen, enfin quand j’avais pas de pôt. On avait pas Midas à l’époque dans notre coin.

Rock ‘n roll attitude

Jeudi 28 juin 2007

Spécial Pignon, en souvenir de Robert !

A voir absolument et à écouter fort !

http://www.youtube.com/watch?v=g9a2_7pAcqQ

 Après le clic, confirmez et … just enjoy it !

 

Moi je mouille, mais pas elle !

Jeudi 28 juin 2007

Quand je cours avec Jal, je mouille abondamment, à grosses gouttes. Au bout de qlq minutes, je peux faire concurrence aux trav du bois dans un concours de wet tee shirts.

Elle, cette petite saloperie, quand elle court avec moi elle ne transpire même plus ; on va pas assez vite. Vexant.

Je suis en petite forme, tout en étant une grosse forme. Dois je me mettre à masser ma masse abdominale avec un de ces produits miracles ?

Combien dois je avaler de kilos pour perdre mes kilos? 80 kilos par semaine pour passer le cap des 80 kilos avant de retrouver les 77 confort, 100?

Dans mon métier la réactivité est un paramètre clef : nous aimons bien mesurer la réactivité. Il y a donc qlq semaines j’avais proposé un dej, un summer break, sous l’impulsion de Pignon et … le bide ! (je n’ai pas voulu dire sous l’impulsion de Barbara et de Eric mais bien que ma proposition n’avait pas mobilisée les troupes).

Le 13 juillet ?

Je redis que under3 c’est pas pour les tapettes, alors si certains veulent se mettre en tenue décoltée, licra, épaules nues, cuisses moulées, logo du VRC sur le coeur,  pour picoler puis poursuivre la soirée au bal des pompiers en espérant dérouler leur lance … ce sera sans moi.

Plus sérieusement le 13 c’est la veille du 14 qui se trouve être un samedi et moi le 14 j’ai depuis des années feu d’artifice sur la grande plage de Quiberon.

What about the 12 ?

What about un petit tour à l’hippo ce soir ?

C’est parti pour le marathon de CHicago

Mercredi 27 juin 2007

J’aime vraiment bien l’esprit des patrons de courses américaines : ci dessous le speech d’intro de Carey … l’entraînement doit commencer, le focus sur les challenges, les sacrifices … bref, c’est mieux en anglais :  

Welcome, runners, to The 30th Anniversary LaSalle Bank Chicago Marathon! I realize that as you begin your journey toward this year’s event, you are not only committing to run 26.2 miles, but to the challenges, sacrifices and dedication it will take to make it to that momentous day in October. I want to be among the first to step behind you as you begin the extensive training necessary to complete this challenge. When you cross the starting line on October 7, I hope you will take immense pride in all you have accomplished on your long journey to race day, and in being a part of the largest field in our 30-year history. My advice to you over the course of the next few months is to maintain your focus, be patient and remember that it is not going to be one or two training runs that will bring you to your goal, but the collective effort over the many weeks that builds success. The challenge will be making it to the start line. If you can do that, you will be in for one of the great experiences of your life. The City of Chicago will be waiting to cheer you on and recognize your will and dedication. Train smart and good luck. Looking forward to seeing you on Sunday October 7!

Best Wishes,

Carey Pinkowski

les coureurs de 10 kilomètres et le balais rose

Mardi 26 juin 2007

Jaja vous me decevez.

Pas Laurent, non, encore une fois chapeau pour la perf. J’ai pris le 3h11 du marathon sur le site officiel mais je me suis peut être planté sur le temps. En tout état de cause, il fait son marathon largement au dessus de 12km/h, voire 13 : c’est du tout bon.

Non, ma déception, bon, allez, toute relative, vient du tandem Jaja alias Jallo Jako.

Jal, casser les 38 c’est bien, chapeau ! Mais quand on tape les 12 40 à l’hippo, 37 57 sur 10000 c’est mou. La conversion donne un peu moins de trois tours à l’hippo à une moyenne de 13 18 au tour.

Au regard de ta perf à Paris dans la touffeur, je pense que tu peux faire mieux et casser les 37 30, aisément. Les 37 aussi.

Jako, tu es à moins de 42 c’est bien, mais c’est seulement, quoi? 30 secondes de mieux que ce que tu fais sur le premier 10 kilo du marathon de Berlin ? Je sais que nous ne sommes pas au coeur d’une préparation mais toi c’est sûr tu vaux beaucoup mieux que cela. En tout cas c’est la deuxième course consécutive que tu finis avec la bave aux lèvres mais heureux et content. C’est une série.

De mon coté, mercredi dernier, deux jours après la sortie de Hugo, j’ai participé à un 5700 mètres organisé par le racing dans le BB. La course du balais rose.

7 départs en fonction des âges, course à handicap. Trois boucles courtes. Nous étions une centaine.

Je ne sais pas combien je fais mais je finis 3° de ma catégorie en 24 24 ; soit à peu près 14km/h dans un parcours plat à relance.

Je voulais me tester, tester mon mollet et ma forme.

Le mollet est ok pas la forme, quoi de surprenant?

Mes enseignements :

1- le premier ministre est en forme. Monsieur de Villepin est parti 2 minutes devant moi, avec sa classe d’âge. J’ai gratté tout son groupe, mais pas lui. Je termine 16 secondes derrière lui, je l’avais en ligne de mire, lui et son garde du corps … mais trop tard. Je me voyais bien sur la photo finish à ses cotés. Raté. Je suis quand même assez content car il va vite le bougre autour de l’hippo le dimanche. En brut nos noms se suivront au classement.

2- Le gagnant tourne en 18 50, il m’a enrhumé en me passant et je ne l’ai pas entendu venir. Soit il était trés silencieux soit j’étais trés bruyant.

3- Les tri-athlètes ont dominé les débats. Le gars qui gagne ma catégorie est parti comme une balle. J’ai vu au bout de 7-800 mètres qu’il avait ralenti. Je pense que sur un 10 il faut vraiment partir à fond. Surtout toi Jal. Tu as l’endurance du marathon pour gérer la fin. On l’a tous. Tout ce qui est pris est pris et de toute façon un 10000 ça se fini exangue. En d’autre terme partir sur les bases de ton 12 40 à l’hippo et tenir. Ok ok, on peut revoir à la baisse mais il y a un juste milieu à trouver entre 12 40 et 13 18, 13 par exemple.

Je voudrais être en forme, je voudrais courir, je voudrais maigrir mais j’ai pas le temps : c’est quand l’été et les rythmes cool?

Laurent Jalabert

Lundi 25 juin 2007

Une vraie perf, pas de doute.

Je suis tombé sur lui à la fin de Stade 2 : impossible de penser à la tête du bonhomme qu’il venait de se déchirer pendant plus de 12 heures.

Je l’ai vu nager dans le reportage … il y a du Jalabert en moi quand je suis dans une piscine.

Je l’ai vu sur un vélo et là, la différence est plus marquée… Il fait un temps canon en vélo et pourtant seulement la 3 ° meilleure perf : il y a donc deux mecs qui le tôlent, pas mal messieurs !

La sensation devait être dingue : doubler des dizianes de mecs, remonter, remonter, n’en laisser que trés peu devant.

Puis la course, continuer à manger des concurrents : un grand pied.

3h11, c’est beau après tout ça.

On a pas fini de le voir. Il va facilement aller chercher 15 mns sur la flotte.

Je pense qu’il peut faire mieux en vélo ; il n’y a pas de raison qu’il ne gagne pas l’épreuve.

Pas sûr en revanche qu’il fasse beaucoup mieux en cap, car 24 mns de décôte sur sa meilleure perf ne me semble pas énorme.

Passer sous les 9 heures devrait se faire à Hawaï.

J’ai un pote qui a couru Zurich. J’ai eu un débrief court par SMS : le pied intégral bien que la course ait duré plus de 12 heures (12 05) malgré un objectif à – de 12.

Pile poil dans la plaque dans l’eau : 1h05, 6 heures de vélo (c’est qd même du 30 de moyenne) et un marathon un poil plus long que prévu en 4h 38 avec un gros coup de mou au 30° mais le dernier 10 en 55′.

Excitant tout cela.

Fracture (3)

Vendredi 22 juin 2007

Pas bien frais mon Hugo en ce jeudi midi. 

Maux de têtes, mots rares et soufflés, visage soufflé lui aussi. 

L’oeil gauche a doublé de volume et viré au violet. 

La jambe va bien, pas de douleur, moindre mal. 

C’est une période dure qui commence … celle de l’attente, de la surveillance clinique. On attend que rien ne se passe, surtout rien sinon c’est la descente en urgence aux urgences,  au bloc. 

Les infirmières sont très présentes. 

Nous voyons un chirurgien. Un crac de réputation, le docteur Zérah. Il est optimiste sur l’issue mais incertain sur la suite immédiate … Si l’hématome se résorbe c’est bien si on doit opérer, ce sera fait dans la maîtrise. L’opération est délicate mais « simple », au moins pour eux. 

Donc on attend. 

Hugo veut savoir quand il va sortir. Le douloureux souvenir des six semaines passées ici lui pourri la vie. 

Il est long ce jeudi. Ce soir je lance officiellement le blong et nous recevons nos clients dans un resto au Parc de St Cloud : la fête. Je suis au top ! Je quitte Hugo vers 20h00 pour aller faire mon speech, serrer qlq mains, boire des coupes, la tête ailleurs. 

Je speede, nos invités passent à table, je les abandonne. 

Retour en réa. J’ai un peu de mal à rentrer dans le service. Une nouvelle heure passée avec lui avant de le laisser pour la nuit qui ne s’annonce pas très bonne. 

Je viendrais le voir demain après les qlq réunions que j’ai groupées dans la matinée, à partir de 8 heures. 

Peu de nouvelles au lever. Je suis HSBC, je présente des campagnes. On a presque fini quand mon téléphone sonne. Hugo est opéré dans deux heures suite à une mauvaise évolution du comportement clinique. Plus tard nous apprendrons qu’il a fait une crise d’épilepsie, tenu des propos incohérents et que son rythme cardiaque était trés bas. Heureusement, nous ne saurons cela qu’après le succès de l’opération. 

Je plante la réu, je file. 

Mon Hugo est seul. Il sait qu’il « va y passer ». Tout flippé. Et moi d’être rassurant quand j’en ai pleuré sur tout le chemin vers l’hosto. Je lui rappelle les paroles rassurantes du chir … Nous attendons. C’est programmé » pour 13h00. On a tous envie d’y aller maintenant. Nous entendons des remontées du bloc, des injonctions « respire! » « accroche toi ». On ne peut pas fermer une porte qui n’existe pas, comment s’isoler? 

Une infirmière passe une tête : 15 mns ! 

Hugo ne veut pas que « le noir » lui fasse sa toilette. Il s’appelle Norbert, et n’a pas été très doux avec lui. C’est Bruno qui lui fait très gentiment sa toilette Hugo ayant préféré cet infirmier à ses parents. Merci Hugo. Il se plaint d’une infirmière de nuit méchante, elle a une natte. Elle lui a dit qu’elle le laisserait dans sa pisse s’il se mouille en ratant le pistolet. L’exception qui confirme la règle, le personnel de Necker est absolument merveilleux de gentillesse. On passe le temps. 

Hugo souffre, il reçoit une deuxième injection de morphine, qu’est ce qu’ils foutent, bordel ? 

Et puis c’est parti, l’infirmier arrive, Hugo passe sur un brancard. Nous descendons avec lui aux portes du bloc et retrouvons Blanot notre médecin anesthésiste du premier soir. Je suis content de le voir. 

RDV dans deux heures pour le voir en salle de réveil. 

Je pars dej avec Flo qui était là depuis le matin en salle d’attente. Quel rôle ingrat que celui de la femme du papa de Hugo, celle qui passe une semaine sur deux avec Hugo, celle qui l’aime et que Hugo aime condamné à la salle d’attente, au second rôle. C’est ainsi : on ne divorce pas à l’hôpital. 

Bavette échalote un peu, côte du rhône beaucoup. 

Je suis avec Flo dans la salle d’attente. Natalie nous rejoindra un peu plus tard. C’est long. Les deux heures sont passées. 

Le médecin déboule son large sourire aux lèvres : il est content. No problémo qu’il dit c’est propre, dégagé, il sort dans deux/trois jours si tout va bien. C’est incroyable, c’est à dire « pas croyable ». 

Nous pourrons vite voir Hugo. Dans le gaz dans la salle de réveil. Une vingtaine de lit. Des cas terribles autour de nous. Notre chance dans la malchance. Un ado vraisemblablement blessé en moto plutôt qu’en trottinette … le dos est touché. A ma gauche un enfant mal formé. 

L’ado me parle de loin, me demande ce qu’a Hugo. Il a une voie lourde et grave. C’est un habitué, il me raconte son histoire et je pleure. Visiblement le dos n’est pas le seul à être atteint. Il appelle les infirmières et les médecins par leur prénom. 

Hugo a le pouls très bas 45 / 55. Une infirmière passe et me demande s’il est marathonien avec un sourire. Je souris aussi et je me tais. Je ne suis pas encore prêt à fanfaronner. C’est vrai que tous les autres sont au moins à 140 et même à 190 mais celui là, un petit black, n’a que qlq jours … 

Je regarde mon Hugo, son pouls s’emballe … façon de parler 60, 65, 70, 75, 80 et là mon petit rouquin ouvre les yeux. Paf, moi je reverse ma larme. Le coeur redescend vite. 

Une heure pour retrouver les premiers esprits … pas mal. 

Hugo va remonter dans une chambre normale, sans passer par la case réa : c’est bon signe. Seul problème, il n’y a pas de chambre disponible pour Hugo. Attente. 

Une chambre est disponible mais il est déjà 20h00 : c’est la rotation des infirmières. Période de briefing et pas de montée en chambre. Attente. 

Tout est ok. Sauf qu’il n’y a ni infirmier ni brancard. Hugo est « signé » : ça veut dire que tout est signé, tout est au vert en salle de réveil pour remonter. Enfin une série de brancardiers arrivent. Il était temps car Hugo commençait à fatiguer nerveusement. 

Il passe la nuit avec sa maman. 

Je prendrais le relais le lendemain pour partie de la journée et la nuit : un merveilleux lit de camps est notre disposition. Sommier à latte sans toutes ses lattes, bip en série, appel de Hugo, passage des infirmières : une bonne nuit pour personne. Nous discutons de 4 heures à 6 heures du mat.

Dimanche matin, je sors pour petit dej : une demie livre de chouquettes pour les infirmières et des pains au chocolat pour Hugo : l’appétit revient. 

Voila voila … le blessé remonte la pente, les infirmières sont confiantes, les medecins aussi et on nous apprendra, déjà, le lendemain que Hugo peut sortir et rentrer à la maison. 

5 jours, 120 heures riches en émotions, en stress, en douleur. 

5 jours qui font réaliser que la vie est belle. 

5 jours pendant lesquels j’ai décidé de ne plus sentir ni mon mollet ni mon dos et de recourir vite, vite !

5 jours pendant lesquels mon Hugo tu m’as une nouvelle fois bluffé par ton courage, ta résistance, ton calme, ta force. Prendre le mur tu connais, gérer tu connais encore mieux. Je sais que je penserai à cela quand j’aurais mal, à 2h50 et à qlq mètres de l’arrivée et qu’il faudra tenir.

 

 

Fracture (2)

Jeudi 21 juin 2007

Nous partons pour Robert Debré.

Avant je prends des photos de la voiture accidentée, sous tous les angles.

Un dernier regard au chauffard, call me « iceman ».

Je remercie tous les pompiers, les flics, qui sont là. Tous auront été aux petits soins pour Hugo, pour nous aussi, présents et discrets, humains, chaleureux sans débordements ni d’optimisme encore moins de pessimisme.

L’ambulance démarre, ils passent par Asnières moi par Champerret.

Je quitte Flo, Natalie est dans l’ambulance.

J’engage le périph, blindé, avec un maximum de précautions.

Arrivée à Robert Debré, j’appelle Natalie : ils sont encore sur le périph. J’ai dix minutes d’avance.

Ils arrivent enfin. Les motards viennent me voir, large sourire, « on avait dit doucement »… me disnet ils, nous discutons itinéraire. Nous nous serrons la main, ils me disent que ça va aller.

Hugo est débarqué et s’engouffre dans l’hosto. Le personnel nous attend. L’interne est cool, Boris, un grand rouquin aux cheveux longs, blouse largement ouverte sur un poitrail abondamment velu, roux lui aussi. Un petit roux aux urgences, c’est un point commun. Boris est pote d’un des trois toubibs du Samu : nous sommes entre de bonnes main nous dit le type du Samu avant de nous souhaiter bonne chance.

45 mns de solitude, privés de nouvelles, d’infos.

Hugo revient sur son brancard : direction scanner et radio.

Les médecins sont précautionneux et préoccupés.

Le scan commence : tête aux pieds.

Stop dès la tête : un hématome « extradurale » est repéré. aie aie aie. La tête des médecins, leurs comportenments a radicalement changé. Nous rebasculons dans l’urgence. L’hématome se situe entre l’os et le cerveau. Il prend de la place. 4.5 cms de long sur 1cm. Pile poil ce que j’ai dans le mollet … L’os est dur ne bouge donc pas sous la pression. Le cerveau est mou et c’est lui qui risque d’être comprimé. Comprimer un cerveau c’est pas bon, pas bon du tout. Ils en profitent pour nous annoncer une fracture du crâne, mais ça c’est pas grave nous disent ils. Tout est affaire de hiérarchie.

Ils sont inquiets et prennent les premières mesures : transfert immédiat vers un service spécialisé : neuro chi (rurgie).

Je craque, je m’effondre, je disparaîs dans le couloir, j’appelle Flo. Je m’attendais à savoir si oui ou non la jambe était cassée (le Samu disait non et j’y croyais) là soudainement le cas se complique très sérieusement.

On attend le Samu.

Le scan complet est accompli : jambe pas cassée, juste une sale plaie, abdomen et thorax intacts.

A nouveau 30 mns d’attente. Les médecins sont silencieux … vous verrez à Necker. Tous les chemins mènent à Necker.

C’est la même ambulance, les 4 mêmes personnes. Ils sont plus graves. C’est un réconfort de les revoir.  Ils refusent de prendre Natalie en disant qu’ils vont aller très vite. Finalement elle embarque. Je suis. Ils roulent à 40 km/h, s’arrêtent à chaque bosse : pas bon signe pour moi. Pourquoi ne pas aller plus vite, est il si abimé que cela ?

Je me demande comment va Hugo, cette traversée de Paris est interminable.

Nous dévalons la rue de Belleville. Nous sommes bloqués. Camion poubelles puis bus de touristes et des voitures qui s’accumulent derrière. La sirène est à bloc et nous toujours bloqués. Je deviens l’escorte : le trottoir plein phare, klaxon de route bloqué : les piétons giclent, se collent aux murs, descendent sur la rue. J’atteins le camion. Court conciliabule. Je crois qu’aux yeux, au ton de la voix, il n’y a pas besoin de longue discussion. Le bus pourtant étranger se range et les poubelles se tirent. Je plaque les voitures au trottoir et l’ambulance passe. Le reste du trajet est tranquille, fluide.

Hugo est débarqué en réanimation neurochi et nous passons presque une heure sans la moindre nouvelle, le moindre contact dans la plus grande appréhension et la plus grande solitude.

Impression de ne jamais avoir quitté Necker, il y a pourtant déjà 7 ans.

Enfin, un mec sort. Bonne tête, bon look, bon sourire. Il est optimiste. Pas d’opération. On attend. L’hématome est là mais les globules blancs vont se mettre au boulot et résorber tout cela. On attend…on surveille la tête. On en profite pour intervenir sur la jambe. Pas de descente au bloc. Ils vont le faire à deux, avec un chirurgien orthopédique, à l’ancienne. Pas d’anesthésie générale. Du local, en piqure et à même la plaie, de la morphine en injection. C’est rapide. Ils sont contents. Pas de greffe nécessaire.

Ils nous conseillent de rentrer. Il est trois heures du mat. Nous sommes autorisés à pénétrer dans le service. Il y a beaucoup de monde. Nous portons blouses, chaussons … C’est du lourd : coma profond, hématome beaucoup plus sérieux, des cris de nourrissons, des cris entre infirmières, ordres et impératifs jaillissent de la dizaine de chambre sans portes.

Notre anesthésiste nous demande de ne revenir que demain vers midi, pas avant. Nous devons nous reposer.

A contre cœur je laisse mon Hugo.

Retour vers Colombes, doucement, musique à fond sur la béhème, je traverse Paris au ralenti avec beaucoup de pensées qui s’entrechoquent dans ma tête.

A qlq mètres de chez moi je repasse sur les lieux du drame. Je stoppe. Il ne reste qu’un petit tas de sable rouge. La vie a repris ses droits. Je disperse ces traces sans pouvoir en venir à bout.

Il faut dormir, stillnox, débrief de Flo. Demain il fera jour.

Fracture

Mercredi 20 juin 2007

Hugo cet article est pour toi. 

Nous sommes passés près de la fracture, de la grande.

Vous êtes au courant … un run de trottinette de retour de l’escalade. Mon cascadeur enchainent les virages, les petits sauts … un saut se profile,  un sot se profile au volant de sa caisse.

Boum.

Coup de fil d’une inconnue qui me prévient que Hugo a eu un accident mais qu’il va bien. Ce serait bien quand même si je pouvais passer.

J’arrive : deux car de pompiers, deux cars de flics : une vingtaines d’uniformes se démènent dans un petit périmètre, autour des badauds.

Je ne vois pas Hugo. Je repère une grappe. Je vois ma Flo, livide. Je le vois, couché dans un bain de sang, à peine conscient, mal protégé dans une couv de celle qu’on  nous tend à l’arrivée des courses.

Pas grave qu’elle disait.

Je passe les détails. Je vois une femme témoin. Elle tremble, en état de choc. Elle me dit avoir tout vu, l’homme a heurté Hugo, lui a roulé dessus puis a reculé et lui à nouveau roulé dessus. Je vois le conducteur, prostré. Je lui dirais que nous nous reparlerons trés vite, lui et moi, juste lui et moi. Je sens que les flics qui  nous entourent sont prêts à intervenir, à me maîtriser.

Un orage se déchaîne. Hugo est toujours allongé dans la rue, sans protection. Nous déployons de nouvelles couvertures pour le protéger. Le trottoir est en pente et des flots dévalent sous lui. Il faut bouger. Deux personnes aux pieds, deux aux genoux … c’est douloureux. Hugo crie de douleur. Nous le bougeons à beaucoup dans un premier matelas à coques gonflables et atteignons le hall d’un immeuble.

Enfin le Samu arrive. 5 ° véhicule. Des examens plus comlets sont menés. Je découvre la plaie de la jambe. Vilaine. Il manque l’équivalent d’un blanc de poulet le long de son tibia que l’on voit nettement dans sa blancheur lugubre. Je parle de greffe avec le toubib, il me dit pas sûr … je me demande où on pourrait prendre de la peau de la chair à Hugo qui est si mince.

Il souffre. La toubib lui annonce qu’elle va le passer sous morphine et commence à lui raconter les effets de la morphine. Il l’interromp. « Je connais, envoie! » Elle ne savait pas qu’il y a sept ans, quasiment jour pour jour, Hugo vivait son premier accident … de trottinette. Bilan 6 semaines de soins intensifs, ablation partiel du pancréas, complications, occlusion intestinale, nouvelle opération … la morphine et sa petite pompe, il connaît. A la tête de la médecin urgentiste, peu d’enfant de 12 ans avaient dû être aussi catégorique sur cette demande.

Elle cherche un hôpital d’accueil. Je fais jouer le réseau. Diagnostic, fracture ouverte. Chirurgie orthopédique … éviter Colombes, chercher Necker. Ce sera Robert Debré, ok pour mes contacts. De toute façon Necker est full.

Un pompier merveilleux parle avec Hugo qui doit continuer à parler et garder les yeux ouverts. C’est dur il voudrait fermer les yeux et serrer les dents. Le pompier est super sympa, j’essaye d’aider Hugo à parler, lui donne des pistes.

L’indice de douleur est à 7 sur 10. C’est Hugo qui fixe cette note. C’est bcp pour lui, le costaud.

Les motards arrivent. Je parle avec eux. « J’ai la même machine que vous, je peux suivre ? » Dire à un motard qu’on est motard change tout de suite le contact. Ils refusent, me disent qu’ils vont allumer et que moi je dois y aller cool, particulièrement dans mon état.

Hugo est enfin embarqué.

A suivre ! (pas pour des raisons de suspens mais parce que je dois y aller …. aller où ? courir bordel, enfin !)

 

Rude reprise

Mercredi 13 juin 2007

Jal a gagné 2 cms de tour de taille de mollet depuis le marathon et ses séances trés dures, en vitesse pure effectuées dans la foulée. 2 mollets, 4 centimètres.

Hier soir nous avons couru 45 mns ensemble, la reprise.

Le claquage c’était il y a dix semaines jour pour jour.

En  dix semaines, j’ai pris moi aussi 4 cms de tour de taille du bide.

Il faisait chaud, ok.

On a couru à un peu plus de 12 km/h, ok.

J’ai eu l’impression de faire un marathon : trop vite, trop haut, trop fort.

Lui il était bien. Si nous avions été en hiver il m’aurait peut être gratifié à nouveau d’une de ses plus belles sorties à mon égard. Après qlq minutes de course, il m’avait dit, tu m’excuses, à cette vitesse j’ai froid, je vais accélérer… Moi de mon coté j’agonisais.

Belle nature humaine, bel organisme, tu breakes 10 semaines, tu gardes ta foulée, tu perds le reste.

Au boulot donc !

A midi j’ai refait une borne de natation.

Ce soir je cours après le taf, et demain et après demain.

Je me suis inscrit à une course dans mon club (l’autre) : 5700 mètres. Dans mes cordes, 10 c’est trop aujourd’hui.

Drôle de distance, drôle de nom aussi : c’est la course du « ballet rose ». C’est peut être en partenariat avec ces dames du bois … on verra.

Puisqu’on parle chiffon, j’ai reçu une invit pour des ventes privées chez Planet : -30% sur tout le magasin les 20 et 21 juin. Il faudra à priori justifier du carton d’invit pour profiter des prix. Je l’ai je peux le forwarder à qui veut.

 

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